Voici une analyse approfondie de la matrice de compétences, accompagnée d’un modèle Excel exploitable et d’un plan de formation découpé sur douze mois. Cet article permet de saisir comment la structuration des savoir-faire contribue à l’évolution collective d’une équipe ou d’une entreprise. Il s’adresse aussi bien aux responsables RH qu’aux managers amenés à piloter la progression de leurs collaborateurs, ou à tout professionnel souhaitant mieux comprendre les applications concrètes de cet outil, simple en apparence, mais riche en potentiel.
Adopter une matrice de compétences n’est pas qu’une simple formalité. Elle amène à se poser des questions-clés : où se situent les lacunes qui pourraient freiner la réussite des projets ? Y a-t-il des expertises insuffisamment exploitées dans l’organisation ? Progressivement, des réponses émergent. Par expérience, dans le secteur du numérique, certains managers se sont aperçus que quelques experts restaient cantonnés à des fonctions restreintes, alors qu’ils auraient pu intervenir sur des missions prioritaires. Le résultat ? Des projets parfois ralentis, une dynamique d’équipe limitée.
La mise en place d’une telle matrice donne une vision précise des ressources à disposition et favorise des ajustements rapides. Bien entendu, cela passe également par une amélioration de la communication interne ou externe, mais aussi par une mise en valeur des aptitudes existantes. Ce n’est pas un concept réservé à de grosses structures. Les PME et TPE en retirent des bénéfices concrets, allant de la mobilité interne facilitée à une meilleure anticipation des besoins de formation.
La matrice de compétences est, concrètement, un tableau détaillant les membres d’une équipe, les compétences attendues et, pour chaque compétence, le niveau atteint (débutant, confirmé, expert…). Oublier cette nuance mène à un outil inadapté : trop simplifié, il ne révèle rien ; trop complexe, il rebute en pratique. La bonne pratique consiste souvent à recenser les collaborateurs en lignes, les compétences en colonnes, puis à renseigner le niveau de chacun en face de chaque compétence. Cela facilite immédiatement l’identification des écarts à combler.
En entreprise, ces matrices font parfois un passage à vide si elles ne sont pas actualisées régulièrement ou si l’on confond, par exemple, compétences de base et savoir-faire spécifiques aux métiers. Parfois, le tri entre « connaissances générales » et « véritables leviers » passe au second plan. Une équipe projet dédiée à la cybersécurité n’a évidemment pas besoin d’une liste complète de compétences marketing ; la distinction paraît évidente, pourtant elle est trop souvent négligée.
Plusieurs écueils reviennent régulièrement, quels que soient la taille de la structure ou le secteur :
Voici le ressenti d’Élodie, responsable RH dans une PME industrielle : « La toute première version de notre grille listait tant de points que les managers s’y perdaient. Après quelques mois et plusieurs retours, nous avons revu la formule : moins de colonnes, plus de clarté, et l’outil a pris sa place dans nos routines d’équipe. » On voit bien que la simplicité et la récurrence sont deux clés pour que la matrice s’ancre dans le quotidien.
Voici quelques étapes méthodiques et conseils issus du terrain pour déterminer les aptitudes centrales à cartographier :
Un autre point d’attention : penser à intégrer les nouvelles tendances sectorielles. Une compétence peu utile hier devient parfois incontournable – l’agilité ou la data visualisation, par exemple, sont récemment apparues dans la tech et le marketing.
Pourquoi ce projet aujourd’hui ? Gain en agilité ? Soutien d’un plan de formation ? Cartographie interne pour le management de projet ? Une clarification de la finalité oriente toute la conception. Le risque, sinon, est de voir l’outil devenir trop générique ou décalé par rapport aux enjeux actuels.
L’élaboration démarre souvent par un brainstorming ciblé : chaque service formalise son « cœur de métier » et les savoir-faire qui font la différence. Un cabinet de conseil retiendra, par exemple, la résolution de conflit ; une équipe digitale, le développement d’application. La personnalisation prime sur l’exhaustivité – la tentation de tout lister est naturelle mais contre-productive dans le temps.
L’échelle des niveaux doit s’adapter à la culture d’entreprise – certains préfèrent trois niveaux (débutant, intermédiaire, autonome) ; d’autres en ajoutent deux : « en progression », « référent ». Voici un tableau type pour la formalisation :
| Collaborateur | Programmation | Communication | Niveau leadership |
|---|---|---|---|
| Marie | Expert | Intermédiaire | Débutant |
| Olivier | Intermédiaire | Expert | Intermédiaire |
Il arrive fréquemment que certains se positionnent un cran au-dessus de leur niveau réel. Pour y remédier, il peut s’avérer sage d’impliquer un référent ou supérieur hiérarchique lors de l’évaluation, afin d’apprécier la cohérence globale.
Les évolutions métiers et les mobilités internes bouleversent la cartographie en quelques mois à peine. Suivi régulier et automatisation via outils numériques (ex : plateformes RH, tableaux de bord collaboratifs) évitent que la matrice ne soit dépassée. Consacrer un moment semestriel ou annuel à sa révision facilite la prise de décision et fluidifie la planification des formations.
Pour procéder, ouvrez un nouveau document Excel. En abscisses, renseignez les compétences ; en ordonnées, les noms des membres de l’équipe. Insérez des cellules commentées pour les niveaux, selon le référentiel précédemment défini. Ajoutez éventuellement une colonne « évolution souhaitée », qui servira de point de départ aux plans de montée en compétences.
Voici un rapide aperçu de l’organisation d’un tel tableau :
Ce format a l’avantage de permettre, au fil du temps, d’ajuster la liste selon les nouveautés métier. Mais, attention, une fois plus de quinze compétences recensées, privilégier des filtres de recherche ou des vues dynamiques.
Un plan dynamique doit se fonder sur les écarts mis en lumière par la matrice. Il est recommandé d’étaler les interventions pour ne pas saturer les emplois du temps, tout en assurant la progression sur chaque axe identifié.
Un tel calendrier, régulièrement actualisé, s’avère efficace pour consolider les nouveaux acquis et maintenir la motivation de l’équipe. D’ailleurs, certaines entreprises choisissent d’articuler ce plan avec de petits challenges internes ou des groupes de travail transverses, histoire de renforcer l’engagement et l’application des savoirs fraîchement acquis.
Si Excel reste la solution la plus répandue auprès des petites structures, plusieurs plateformes spécialisées rendent les processus plus efficaces dès que l’on gère plus de vingt collaborateurs. Les outils comme TalentSoft ou Monday.com, par exemple, proposent des modules d’évaluation intégrés, des rappels automatiques pour la mise à jour ou encore des tableaux de bord pour piloter les formations en temps réel.
L’intérêt de ces solutions numériques ne se résume pas à la simple visualisation. On note souvent que la facilité d’accès encourage une prise en main collective du suivi des compétences, là où les tableaux hébergés localement restent trop souvent l’apanage du seul service RH.
Sources :