matrice de compétences

Matrice de compétences : modèle Excel + plan de formation sur 12 mois

Temps de lecture : 6 minutes

Voici une analyse approfondie de la matrice de compétences, accompagnée d’un modèle Excel exploitable et d’un plan de formation découpé sur douze mois. Cet article permet de saisir comment la structuration des savoir-faire contribue à l’évolution collective d’une équipe ou d’une entreprise. Il s’adresse aussi bien aux responsables RH qu’aux managers amenés à piloter la progression de leurs collaborateurs, ou à tout professionnel souhaitant mieux comprendre les applications concrètes de cet outil, simple en apparence, mais riche en potentiel.

Pourquoi créer une matrice de compétences ? Les vrais enjeux pour votre entreprise

Adopter une matrice de compétences n’est pas qu’une simple formalité. Elle amène à se poser des questions-clés : où se situent les lacunes qui pourraient freiner la réussite des projets ? Y a-t-il des expertises insuffisamment exploitées dans l’organisation ? Progressivement, des réponses émergent. Par expérience, dans le secteur du numérique, certains managers se sont aperçus que quelques experts restaient cantonnés à des fonctions restreintes, alors qu’ils auraient pu intervenir sur des missions prioritaires. Le résultat ? Des projets parfois ralentis, une dynamique d’équipe limitée.

La mise en place d’une telle matrice donne une vision précise des ressources à disposition et favorise des ajustements rapides. Bien entendu, cela passe également par une amélioration de la communication interne ou externe, mais aussi par une mise en valeur des aptitudes existantes. Ce n’est pas un concept réservé à de grosses structures. Les PME et TPE en retirent des bénéfices concrets, allant de la mobilité interne facilitée à une meilleure anticipation des besoins de formation.

Qu’est-ce qu’une matrice de compétences, au juste ?

La matrice de compétences est, concrètement, un tableau détaillant les membres d’une équipe, les compétences attendues et, pour chaque compétence, le niveau atteint (débutant, confirmé, expert…). Oublier cette nuance mène à un outil inadapté : trop simplifié, il ne révèle rien ; trop complexe, il rebute en pratique. La bonne pratique consiste souvent à recenser les collaborateurs en lignes, les compétences en colonnes, puis à renseigner le niveau de chacun en face de chaque compétence. Cela facilite immédiatement l’identification des écarts à combler.

En entreprise, ces matrices font parfois un passage à vide si elles ne sont pas actualisées régulièrement ou si l’on confond, par exemple, compétences de base et savoir-faire spécifiques aux métiers. Parfois, le tri entre « connaissances générales » et « véritables leviers » passe au second plan. Une équipe projet dédiée à la cybersécurité n’a évidemment pas besoin d’une liste complète de compétences marketing ; la distinction paraît évidente, pourtant elle est trop souvent négligée.

Les erreurs fréquentes à éviter lors de la création d’une matrice

Plusieurs écueils reviennent régulièrement, quels que soient la taille de la structure ou le secteur :

  • Tableau inutilement alourdi : Quand la matrice multiplie les critères, son interprétation devient fastidieuse – et son usage, rare.
  • Oubli des compétences différenciantes : Se concentrer uniquement sur les connaissances partagées au sein du secteur, c’est oublier d’identifier ce qui fait la singularité de l’équipe.
  • Mises à jour inexistantes : Un outil statique finit inexorablement par perdre de sa pertinence. Un planning de revue s’impose (trimestriel ou semestriel).

Voici le ressenti d’Élodie, responsable RH dans une PME industrielle : « La toute première version de notre grille listait tant de points que les managers s’y perdaient. Après quelques mois et plusieurs retours, nous avons revu la formule : moins de colonnes, plus de clarté, et l’outil a pris sa place dans nos routines d’équipe. » On voit bien que la simplicité et la récurrence sont deux clés pour que la matrice s’ancre dans le quotidien.

Comment identifier les compétences clés dans votre équipe ?

Voici quelques étapes méthodiques et conseils issus du terrain pour déterminer les aptitudes centrales à cartographier :

  1. Aligner les compétences sur les besoins réels : Il ne s’agit pas d’accumuler des savoir-faire mais de coller aux missions stratégiques de la structure. Pour chaque grand objectif de l’année, quelle capacité technique, managériale ou transversale est requise ?
  2. Associer l’équipe à la démarche : Rien ne remplace la perception de celles et ceux qui vivent les métiers au quotidien. Certaines compétences « informelles » émergent ainsi lors des ateliers d’équipe ou des points individuels (ex : résolution de problème, gestion d’imprévu, maîtrise d’outils collaboratifs).
  3. Recourir à des évaluations concrètes : L’intuition, si elle n’est pas complétée par une grille d’évaluation (auto-positionnement, tests pratiques ou mises en situation), présente des limites – attention aux surévaluations ou sous-estimations fréquentes.

Un autre point d’attention : penser à intégrer les nouvelles tendances sectorielles. Une compétence peu utile hier devient parfois incontournable – l’agilité ou la data visualisation, par exemple, sont récemment apparues dans la tech et le marketing.

Construire une matrice de compétences : les étapes essentielles

Étape 1 : Définir vos objectifs

Pourquoi ce projet aujourd’hui ? Gain en agilité ? Soutien d’un plan de formation ? Cartographie interne pour le management de projet ? Une clarification de la finalité oriente toute la conception. Le risque, sinon, est de voir l’outil devenir trop générique ou décalé par rapport aux enjeux actuels.

Étape 2 : Lister des compétences adaptées

L’élaboration démarre souvent par un brainstorming ciblé : chaque service formalise son « cœur de métier » et les savoir-faire qui font la différence. Un cabinet de conseil retiendra, par exemple, la résolution de conflit ; une équipe digitale, le développement d’application. La personnalisation prime sur l’exhaustivité – la tentation de tout lister est naturelle mais contre-productive dans le temps.

Étape 3 : Classifier les niveaux

L’échelle des niveaux doit s’adapter à la culture d’entreprise – certains préfèrent trois niveaux (débutant, intermédiaire, autonome) ; d’autres en ajoutent deux : « en progression », « référent ». Voici un tableau type pour la formalisation :

Collaborateur Programmation Communication Niveau leadership
Marie Expert Intermédiaire Débutant
Olivier Intermédiaire Expert Intermédiaire

Il arrive fréquemment que certains se positionnent un cran au-dessus de leur niveau réel. Pour y remédier, il peut s’avérer sage d’impliquer un référent ou supérieur hiérarchique lors de l’évaluation, afin d’apprécier la cohérence globale.

Étape 4 : Maintenir la matrice vivante

Les évolutions métiers et les mobilités internes bouleversent la cartographie en quelques mois à peine. Suivi régulier et automatisation via outils numériques (ex : plateformes RH, tableaux de bord collaboratifs) évitent que la matrice ne soit dépassée. Consacrer un moment semestriel ou annuel à sa révision facilite la prise de décision et fluidifie la planification des formations.

Exemple concret : une matrice sous Excel

Pour procéder, ouvrez un nouveau document Excel. En abscisses, renseignez les compétences ; en ordonnées, les noms des membres de l’équipe. Insérez des cellules commentées pour les niveaux, selon le référentiel précédemment défini. Ajoutez éventuellement une colonne « évolution souhaitée », qui servira de point de départ aux plans de montée en compétences.

Voici un rapide aperçu de l’organisation d’un tel tableau :

  • Lignes : Prénoms des collaborateurs
  • Colonnes : Compétences principales de la structure
  • Cellules internes : Niveau de maîtrise (chiffré ou adjectif)
  • Colonnes supplémentaires : Formations suivies, souhaits d’évolution, commentaires managers

Ce format a l’avantage de permettre, au fil du temps, d’ajuster la liste selon les nouveautés métier. Mais, attention, une fois plus de quinze compétences recensées, privilégier des filtres de recherche ou des vues dynamiques.

Plan formation sur 12 mois : par où commencer ?

Un plan dynamique doit se fonder sur les écarts mis en lumière par la matrice. Il est recommandé d’étaler les interventions pour ne pas saturer les emplois du temps, tout en assurant la progression sur chaque axe identifié.

  • Mois 1 à 3 : Sessions techniques ciblées (exemple : maîtrise d’un nouvel ERP, montée en compétence sur un logiciel métier).
  • Mois 4 à 6 : Ateliers de posture managériale (leadership, communication, animation de réunion).
  • Mois 7 à 12 : Formations sur mesure, axées sur le développement personnel, la gestion du stress ou bien le perfectionnement technique avancé.

Un tel calendrier, régulièrement actualisé, s’avère efficace pour consolider les nouveaux acquis et maintenir la motivation de l’équipe. D’ailleurs, certaines entreprises choisissent d’articuler ce plan avec de petits challenges internes ou des groupes de travail transverses, histoire de renforcer l’engagement et l’application des savoirs fraîchement acquis.

Outils numériques recommandés ?

Si Excel reste la solution la plus répandue auprès des petites structures, plusieurs plateformes spécialisées rendent les processus plus efficaces dès que l’on gère plus de vingt collaborateurs. Les outils comme TalentSoft ou Monday.com, par exemple, proposent des modules d’évaluation intégrés, des rappels automatiques pour la mise à jour ou encore des tableaux de bord pour piloter les formations en temps réel.

L’intérêt de ces solutions numériques ne se résume pas à la simple visualisation. On note souvent que la facilité d’accès encourage une prise en main collective du suivi des compétences, là où les tableaux hébergés localement restent trop souvent l’apanage du seul service RH.

  • L’utilisation conjointe d’outils collaboratifs et d’indicateurs automatisés permet à chaque chef d’équipe d’anticiper les mobilités internes et de repérer rapidement des profils à potentiel pour de futurs projets.

FAQ

  • Quelles compétences doit-on placer en priorité dans la matrice ? Celles correspondant aux axes stratégiques de l’entreprise et aux évolutions métier attendues à court et moyen terme.
  • Comment assurer la pertinence de l’évaluation des niveaux ? Allier auto-évaluation, évaluation par le management et, au besoin, tests pratiques concrets.
  • Quel rythme prévoir pour l’actualisation ? Une révision tous les semestres est une base solide. Toutefois, en cas de transformation organisationnelle ou de l’arrivée de nouvelles missions, ajustez la fréquence.
  • Quelles solutions pour dynamiser l’engagement autour de la matrice ? Associer les équipes en amont, rendre visibles les résultats liés aux progrès et instaurer des moments d’échange dédiés à ce suivi.
  • Quels éléments peuvent enrichir la matrice classique ? Ajouter des informations sur les formations suivies, les appétences particulières ou les envies d’évolution favorise des arbitrages rapides et fondés.

Sources :

  • performansee.com
  • lecoledurecrutement.fr
  • manager-go.com
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Quelques mots sur l'auteur

Je m’appelle Nicolas et je suis à l’origine de ce blog, Entreprise France. J’ai toujours été passionné par l’univers de l’entreprise, un monde en perpétuelle évolution qui me fascine autant qu’il me challenge.